Vincent Fontano à l’atelier cinéma

Vincent Fontano, comédien, dramaturge, metteur en scène et réalisateur réunionnais, est venu au lycée Roland Garros le mercredi 11 septembre pour rencontrer les élèves de l’atelier cinéma et leur parler de son travail. C’est grâce au Festival La Bèl Parole que l’événement a eu lieu. Récit d’une rencontre percutante…

Face à des jeunes fascinés, Vincent a affirmé clairement son positionnement artistique. Mentionnant son court-métrage « Blaké », il explique ses choix de plans comme une nécessité personnelle et narrative. Sûr de son projet depuis le début, il l’a pitché au Jamel Comédy Club à Paris et a obtenu des financements importants, alors que le propos de son film (deux vigiles discutent dans un parking de Saint-Denis la nuit) n’est pas forcément vendeur au départ. Il affirme que le réalisateur est « libre dans un cadre ». Il ne compose donc pas son image dans un souci de plaire mais pour « créer un acte artistique ». « Dans le cadre, tout est signifiant », a-t-il rappelé aux élèves.


Les élèves de l’atelier cinéma ont alors montré à Vincent le court-métrage réalisé pour le bac 2019, « La trêve miraculeuse », qui lui a beaucoup plu. Le dramaturge a particulièrement aimé « l’idée de cette rencontre entre deux jeunesses, celle qui fait la guerre et celle qui vit en paix », pour la plus grande fierté des élèves de Roland Garros (vous pouvez voir le film sur le site du lycée).
Dramaturge avant d’être réalisateur, Vincent a expliqué que le théâtre et le cinéma n’avaient pas la même temporalité et qu’il avait dû tout apprendre quand il s’est lancé dans l’aventure de son court-métrage, après le succès de sa pièce de théâtre « Loin des hommes » (dont il a lu le début au CDI). Fasciné par la parole, il met en scène des personnages qui parlent ou qui se parlent, « rentrent en conversation ». Ce qui l’intéresse aussi, c’est la tragédie. « Souvent les gens pensent que la littérature, c’est du bavardage. Mais la tragédie nous permet de savoir ce qui nous tient debout. » Il a demandé aux élèves ce qu’ils feraient si on leur enlevait ce qui compte le plus pour eux.


Enfin, il a animé une série de petits exercices pratiques pour montrer l’implication du corps au théâtre et au cinéma et l’importance du travail d’équipe aussi. Il a donné aux jeunes une leçon de concentration et d’écoute, ainsi que des conseils pour bien jouer devant la caméra. « Les gens pensent qu’un bon comédien est un bon menteur, c’est faux. Le bon comédien croit parfaitement à ce qu’il est en train de dire ou de faire ; tout le monde ne peut pas être comédien. » Il leur a ensuite montré les signes du langage corporel et l’adresse au public sur scène. Communiquer est essentiel pour Vincent qui a ainsi parfaitement incarné l’esprit du Festival La Bèl Parole.

Merci à Vincent ainsi que Fierce et Myrose du théâtre Luc Donat, d’avoir permis cette rencontre que les élèves n’oublieront pas !